Echanges 2002-2003

décembre 16th, 2014 | Romain Mueller

Réalisation du Projet

Le 22 février 2000, la direction générale de l’enseignement du postobligatoire, transmettait aux établissements genevois une demande de jumelage d’un lycée de Bamako, au Mali. Trois années plus tard, nous recevions à Genève un groupe de 21 élèves et 4 accompagnants maliens, puis nous partions à Bamako avec un groupe de 21 élèves et 5 accompagnants genevois. Entre ces deux dates, beaucoup de travail, de doutes, d’espoir, de rêves et de passion.

Septembre 2002

Je revois l’arrivée de nos correspondants maliens, en tenue traditionnelle, à l’aéroport de Zürich. Je revois également le visage des douaniers… L’arrivée ensuite à Genève en train et l’accueil sur le quai de gare. La première excursion sur le glacier des Diablerets, la visite du Grand Théâtre et son opéra « Don Carlos ». La visite du CICR, de l’ONU, de la ville, du CERN, d’expo 02, de l’EMS de Val Fleury, du Musée Olympique, la soirée avec l’association malienne de Genève, les cours avec les correspondants.

Deux semaines d’accueil avec un programme important et beaucoup de découvertes : celle de l’autre, de sa différence culturelle, de nos similitudes, de la vie en famille à Genève, de la vie de groupe aussi.

Première séparation à l’aéroport de Cointrin, parfois difficile.

Avril 2003

Au départ de Genève, la neige. Au départ de Paris, la neige. A l’arrivée le soir à Bamako, 35 °C. Nous sommes au Mali pendant sa saison chaude. Presque immédiatement nos repères s’évanouissent, nos correspondants prennent le relais. Cinq premiers jours à Bamako, visites des écoles, des marchés, des musées, de l’assemblée Nationale, de l’union malienne des aveugles, de la nouvelle bibliothèque Voltaire du lycée Biya (et son inauguration). Soirées de danses culturelles, Peulh, Bambara. Vie dans les familles, souvent « la grande famille ».

Puis le départ pour Bandiagara et ses villages dogons. Premier arrêt à Mopti, au bord du fleuve Niger, puis direction Songho et premier pépin. Les courroies de transmission du car qui cèdent, le moteur qui chauffe, il faut trouver un autre car… Arrivée tardive à Sévaré, problème d’hôtel, une pirouette et nous trouvons une auberge, nuit sous les étoiles.

Puis Songho, Bandiagara, Téli, Endé, Kani Kombolé, Djiguibombo, Djenné, Ségou et retour à Bamako : six jours de dépaysement total, d’un environnement magnifique, de chaleur, de bonheur, d’expériences inoubliables. Il ne reste alors que 2 jours à Bamako pour un bilan et des adieux, c’est le retour.

Que reste-t-il ensuite, après une première sensation de vide ?

Tout d’abord si notre groupe de 21 élèves, très hétérogène, était représentatif d’une grande partie de notre jeunesse, alors tous les espoirs sont permis quant à demain. Toutes et tous ont fait preuve d’une capacité d’adaptation extraordinaire, aussi bien lors de l’accueil à Genève que de notre voyage au Mali. Ici et là-bas, une attention constante était portée aux correspondants, les discussions étaient riches et nombreuses, les problèmes presque inexistants. Jamais je n’ai entendu la moindre plainte, le plus petit remords ou l’esquisse d’un regret. Des liens solides se sont noués, qui ne demandent qu’à se développer encore. Nous souhaitions jeter un petit pont entre le Nord et le Sud, ouvrir notre cœur et notre vision du monde, rencontrer l’autre chez nous et chez lui, exprimer les difficultés des uns et des autres, les espoirs aussi, tous ces buts ont été atteints.

On dit des voyages qu’ils forment la jeunesse, les élèves m’ont dit qu’ils avaient grandi.