Développement économique à Bourem Inaly
La commune de Bourem Inaly, située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Tombouctou sur la rive gauche du fleuve Niger, compte environ 13 000 habitants répartis sur 8 villages. Depuis 2007, l’association y mène un programme de développement économique adapté aux besoins des communautés locales, combinant agriculture, formation des femmes et création d’activités génératrices de revenus. En douze ans, ces activités ont généré plus de 100 millions de francs CFA de revenus.
Contexte
Le climat de Bourem Inaly est de type tropical, avec une saison sèche très longue et très chaude et une saison pluvieuse très courte. Le sol sablonneux et argileux qui borde les rives du Niger est pourtant très fertile. Mais plusieurs années de dure sécheresse ont provoqué l’abandon des terres cultivables et une forte diminution du cheptel. Les ressources s’épuisant, de nombreux travailleurs ont été obligés de migrer vers les villes voisines, laissant femmes et enfants seuls. L’abandon des infrastructures et le manque de bras valides ont entrainé une forte paupérisation de la région, avec un taux d’analphabétisme d’environ 80%.
Maraîchage
Huit potagers d’un hectare chacun ont été aménagés dans les villages de Milala, Berrégoungou, Djindjina, Katanga, Arnassaye, Bourem Inaly, Hondoubomo et Hewa. Chaque potager est irrigué grâce à une motopompe qui puise dans le fleuve Niger. À la fin de l’année 2014, tous les potagers ont été entourés d’une barrière métallique pour les protéger des animaux. Chacun est géré par une femme présidente d’association locale, renforçant ainsi l’autonomie féminine.
Quatre cantines scolaires approvisionnées par les produits du maraîchage permettent aux élèves d’avoir au moins un repas complet par jour. Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité alimentaire, 11 tonnes de mil ont également été distribuées pour faire face aux périodes de famine.
Formation des femmes
Afin de permettre aux habitants de Bourem Inaly d’acquérir une indépendance économique, 125 femmes ont suivi une formation aux techniques de savonnerie, de teinturerie et de comptabilité à Tombouctou. Dans chaque village s’est créée une association de femmes ayant pour but la gestion des ressources maraîchères, la production de savons et de teintures, et l’alphabétisation des adultes.
Les magasins de stockage
Cinq magasins de stockage et espaces de travail ont été construits à Bourem Inaly, Arnassaye, Berrégoungou, Djindjina et Katanga, avec le soutien financier de la Ville de Genève. Ces magasins permettent le stockage des graines et servent de locaux pour les activités de savonnerie et de teinturerie. Ils ont été inaugurés en avril 2016.
Résultats économiques
Les rendements de la teinturerie et de la savonnerie ont atteint 12 590 000 FCFA en 2024 (environ 18 000 CHF), contre 6 951 500 FCFA en 2016, marquant une progression significative. Depuis 2013, ce sont plus de 100 millions de FCFA qui ont été générés par l’ensemble de ces activités, témoignant de l’impact durable des interventions sur l’économie locale.
Une dynamique régionale
À la vue du succès du travail des 8 villages initiaux, 11 nouveaux villages ont rejoint la dynamique pour former l’« Association des villages riverains du fleuve Niger du cercle de Tombouctou », avec entre autres les villages de Toya, Djeigayela, Tassakane et Gaoudell. Cette coopération inter-villages rassemble les communautés autour d’un objectif commun : la solidarité, les échanges et la lutte contre la désertification.





