Échanges culturels
Née du jumelage existant depuis 2001 entre le collège Voltaire de Genève et le lycée Biya de Bamako, l’association Le Pont du Mali trouve ses racines dans une série d’échanges culturels et éducatifs qui ont profondément marqué tous leurs participants. Entre 2002 et 2007, trois échanges ont réuni 171 élèves et enseignants suisses et maliens, jetant les bases d’une aventure humaine et solidaire qui dure depuis plus de vingt ans.
Les premiers pas
En automne 2000, la direction du collège Voltaire reçoit un courrier qui provient du lycée Biya de Bamako et de son promoteur Alassane Maïga. Sa demande : jumeler le lycée Biya avec un collège francophone afin de développer un échange pédagogique entre enseignants et, éventuellement, organiser des échanges entre élèves.
En tant que doyen en charge du secteur élèves mais aussi passionné de l’Afrique, Johan Roelant saisit cette occasion unique de découvrir l’Afrique de l’Ouest. À Pâques 2001, une délégation du collège Voltaire — composée de Françoise Wallin (directrice), Nathalie Leutwyler (doyenne), Pierre Bersier (responsable de la formation des enseignants) et Johan Roelant — se rend au Mali afin de constater concrètement ce que le jumelage pourrait devenir. C’est le coup de foudre et le début de l’aventure malienne.
« On dit des voyages qu'ils forment la jeunesse. Les élèves m'ont dit qu'ils avaient grandi. »
Échange de 2002-2003
Le 22 février 2000, la direction générale de l’enseignement du postobligatoire transmettait aux établissements genevois la demande de jumelage du lycée Biya. Trois années plus tard, le projet prend forme : en septembre 2002, un groupe de 21 élèves et 4 accompagnants maliens est accueilli à Genève, puis en avril 2003, 21 élèves et 5 accompagnants genevois partent à Bamako.
À Genève, les élèves maliens découvrent le glacier des Diablerets, le Grand Théâtre et son opéra « Don Carlos », le CICR, l’ONU, le CERN, Expo.02, le Musée Olympique et la vie en famille genevoise. Deux semaines d’accueil riches en découvertes : celle de l’autre, de sa différence culturelle, de nos similitudes.
À Bamako, les repères s’évanouissent dès l’arrivée — 35°C en pleine saison chaude. Cinq jours de visites des écoles, des marchés, des musées, de l’Assemblée nationale et de l’Union malienne des aveugles. Inauguration de la nouvelle bibliothèque Voltaire au lycée Biya. Soirées de danses culturelles peulh et bambara, vie dans les familles maliennes. Puis le départ pour Bandiagara et le pays dogon : Mopti au bord du fleuve Niger, Songho, Téli, Endé, Kani Kombolé, Djiguibombo, Djenné, Ségou — six jours de dépaysement total, de chaleur et d’expériences inoubliables.
Échange de 2005
Le deuxième échange a lieu en 2005 et emmène à nouveau des élèves genevois au Mali. Les découvertes culturelles sont nombreuses et variées : les élèves explorent les marchés animés de Djenné, goûtent à la bière de mil, dorment sous les étoiles sur les toits de Bamako. C’est à la suite de cet échange que naît, en juin 2005, la décision de constituer une association humanitaire afin d’étendre les activités au-delà du jumelage scolaire. Le Pont du Mali est officiellement créé.
Échange de 2007
Le troisième et dernier échange se déroule en 2007, réunissant à nouveau élèves et enseignants des deux établissements. Les élèves maliens découvrent la Suisse — le glacier des Diablerets, le siège de l’ONU à Genève — tandis que les Genevois s’immergent dans la vie quotidienne à Bamako et dans les régions rurales du Mali.
Ces trois échanges ont laissé une empreinte profonde chez tous les participants, unissant des jeunes de cultures différentes autour d’une expérience humaine inoubliable. Ils ont permis de dépasser les frontières géographiques et culturelles pour créer des liens durables, fondés sur l’amitié et la fraternité.
Mahamadou Coulibaly, élève du lycée Biya
Diarra Abdoulaye, élève du lycée Biya
Julia Nerfin, élève du collège Voltaire
Nouradine Ousmane, élève du lycée Biya
Abdoulaye Touré, élève du lycée Biya
Un héritage durable
La priorité de ces échanges était de mettre des élèves suisses en relation avec leurs correspondants maliens, afin de permettre à chacun de créer des liens durables et des amitiés fortes. Par l’expérience d’une autre réalité, par l’échange des valeurs humaines et culturelles spécifiques à chacun, le programme visait à susciter une véritable réflexion sur les relations Nord-Sud et à cultiver chez les élèves un esprit de partage, de tolérance et d’entraide.
Vingt ans après, ces échanges restent gravés dans les mémoires comme une aventure humaine exceptionnelle. Ils ont montré que malgré les différences, la jeunesse partage une même soif de découverte et une même capacité à bâtir des ponts entre les cultures. Ces rencontres sont bien plus que des souvenirs : elles sont la preuve vivante que le dialogue interculturel est une force capable de transformer des vies et de rapprocher les peuples.
Un moratoire sur ce type d’échange est en cours depuis 2012 en raison de la situation sécuritaire au Mali. Nous espérons vivement que la situation s’améliorera et nous permettra d’envisager le renouvellement de ces expériences culturelles riches d’enseignement.