École professionelle de Siribala
Face au manque de moyens nécessaires à la formation professionnelle dans la région de Ségou et dans l’objectif de limiter l’exode rural tout en pérennisant les populations locales, notre association a lancé la construction d’une école professionnelle à Siribala. Ce projet de grande ampleur, situé dans le cercle de Niono, a démarré en décembre 2014 et a accueilli sa première volée d’élèves en 2016. Avec un investissement de près de 470 000 CHF sur dix ans, il représente le plus important projet éducatif de l’association.
Contexte
On trouve au Mali de nombreuses écoles professionnelles, principalement concentrées à Bamako et Kayes, mais rares sont celles qui délivrent un diplôme national reconnu. Dans la région centrale du pays, l’Université de Ségou, créée en 2009, représentait initialement un pôle académique prometteur avec ses facultés d’agronomie, de sciences sociales, de santé, de génie et son institut de formation professionnelle. Cependant, depuis 2014, des difficultés de gestion ont entaché son fonctionnement, laissant un vide en matière de formations techniques, administratives et médicales certifiantes.
La commune de Siribala dessert une population de plus de 350 000 habitants sur une superficie de 3 155 km² — comparable au canton de Vaud. Le renforcement des capacités de formation dans cette zone a un impact direct sur l’ensemble de cette population, en formant localement une main-d’œuvre qualifiée et en luttant contre l’exode rural.
Projet
Notre projet s’inscrit dans une optique de développement économique local et durable, visant à fournir à la région une main-d’œuvre hautement qualifiée dans les domaines de l’agro-pastoral, de la santé, du secrétariat et de la construction (électricité, maçonnerie, dessin en bâtiments, carrelage, menuiserie, mécanique et plomberie).
Face à l’ampleur de cette ambition, nous avons adopté une approche pragmatique par paliers, permettant de concrétiser progressivement cette vision tout en assurant un fonctionnement opérationnel dès les premières étapes. Le plan à terme prévoit la construction d’un bloc de 9 classes sur 4 niveaux, un bloc de 6 ateliers, 4 blocs de direction et 6 blocs de toilettes. L’école terminée pourra accueillir 900 élèves et 130 enseignants.
Entre 2015 et 2024, l’association a investi 469 988 CHF dans le centre de formation professionnelle de Siribala, soit environ 63% de l’ensemble des dépenses dans le domaine de l’éducation. Ce financement couvre la construction des bâtiments, l’équipement des ateliers, l’arborisation du site et le fonctionnement de l’école. Du matériel complémentaire a été acheminé via les conteneurs régulièrement envoyés par l’association vers Bamako, Siribala, Ségou et Tombouctou.
Réalisations
La cérémonie de la pose de la première pierre a eu lieu le 17 novembre 2014. La construction s’est déroulée en plusieurs étapes en fonction des finances disponibles :
- Construction de 6 salles de classes (qui deviendront les ateliers), 1 bloc de direction et 1 bloc de toilettes
- Construction du rez-de-chaussée pour 9 salles de classes (fondations dimensionnées pour les 3 niveaux à venir)
- Construction d’un puits et de 2 loges de gardiens, clôture du terrain de 2 hectares
- Arborisation des deux tiers du terrain
En 2016, l’école ouvre ses portes avec 39 élèves (12 filles et 27 garçons) dans la filière secrétariat et comptabilité. La première promotion sort diplômée en 2017 : 26 élèves, tous reçus.
Les infrastructures réalisées à ce jour comprennent :
- Un bâtiment de 3 classes sur 1 niveau
- 6 ateliers pratiques
- 4 blocs administratifs
- Des infrastructures sanitaires
- Une infirmerie en cours de construction pour des consultations de médecine générale
L’arboretum
Un accent tout particulier est porté sur l’arborisation du site. L’objectif est de rassembler sur ce terrain un maximum d’espèces d’arbres que l’on trouve en Afrique de l’Ouest, créant ainsi un espace vert pédagogique, convivial et ouvert au public. Aujourd’hui, ce sont 120 essences différentes qui ont été introduites, avec plusieurs centaines d’arbres plantés. Deux gardiens assurent la sécurité des lieux et l’entretien des plantations.
L’arboretum a vocation à devenir un véritable laboratoire pédagogique, avec un étiquetage trilingue (latin, français et bambara), des bassins de rétention d’eau en cascade et des espaces de détente. Ces micro-zones humides serviront à la fois d’outils de formation, d’espaces de bien-être communautaire et de refuges écologiques contre la désertification.
Perspectives
Plusieurs développements sont envisagés pour les années à venir :
- Extension du bâtiment principal — ajout de 2 étages supplémentaires afin d’accueillir davantage d’apprenants et d’introduire de nouvelles filières de formation
- Énergie solaire — installation de 12,3 kW de panneaux photovoltaïques pour garantir une autonomie énergétique et un approvisionnement électrique continu pour les salles de classe, ateliers et équipements pédagogiques
- Accès au numérique — connexion internet et équipement en outils numériques, indispensables pour une formation de qualité adaptée au marché du travail moderne
- Filière paramédicale — ouverture d’une formation qualifiante en soins de santé pour combler le déficit en personnel soignant dans les zones rurales
- Programme de bourses — mise en place de bourses d’études pour faciliter l’accès à la formation pour les populations rurales et favoriser l’ancrage des jeunes dans leur territoire d’origine